Luc, ce boxeur qui rêvait d’être banquier

Pour Luc, la boxe a aussi été un moyen d’assagir son caractère « bagarreur ». Photo Olivier Laffargue

Luc n’est pas tombé dans la boxe tout petit. Au quartier, son truc à lui, comme beaucoup de gamins de son âge, c’était le foot. Attaquant au Stade Bordelais. Pas mal du tout. Bon niveau même. Division d’Honneur. DH pour les puristes. Et puis, il y a un an et demi, Nasser Abbouche, son entraîneur, a demandé à Luc et à ses potes du quartier de venir tester la boxe. Ses potes sont partis. Pas le temps ou pas l’envie, c’est selon. Luc, lui, est resté. Et a plaqué le foot. Depuis, il vient souvent s’entraîner. Avec plus ou moins d’assiduité. Ça dépend des semaines. Du boulot qu’il a en cours. Luc est en 1ère ES.

A l’entraînement, le bonhomme est toujours tranquille dans son coin. Discret. Met ses bandes. Enfile ses gants. Tape dans le sac. Sans broncher. Et attend les consignes. Luc. 21 ans. Petit gabarit. Plutôt longiligne. 1 mètre 83. 64 kilos. Catégorie mi-moyen. « Ce qui me plaît dans la boxe, c’est le contact. Quand t’es sur le ring, t’as pas le droit à l’erreur. Tu peux pas te dire, bof allez ça me saoule je me casse. » Toujours rester concentré. Ne jamais sous-estimer l’adversaire. Voilà, entre autres, son credo. Luc se décrit comme « assez nerveux. Bagarreur » . Et la boxe a été une bonne façon de se calmer. Un excellent remède en somme.

De la compet’, il en rêve. Nasser le juge prometteur. Son envie de boxer pour de vrai a juste été reportée. « Cet hiver, j’ai eu un accident. Je suis tombé d’un toit. Du coup, j’ai pas boxé pendant longtemps. A partir de janvier, février, je vais me repréparer. » De cette chute, il garde une vilaine balafre sur le visage. Cachée par de la crème. Pour une plus rapide cicatrisation.

Venu à la boxe par hasard, Luc rêve aujourd’hui de compétition. Photo OL


« Le déménagement, c’est pas bon pour le quartier »

La salle de boxe du quartier va bientôt déménager. Luc reste partagé. « J’aime bien cette salle. Un peu à l’ancienne. En plus elle est dans le quartier. Mais c’est vrai que l’hiver, là-dedans, ça caille. » Luc ne sait pas si cette salle reviendra dans le quartier. « Y’a pas besoin de grand-chose. Du chauffage et des miroirs. On ne peut rien faire de toute façon. Comme on ne nous écoute pas, personne n’est vraiment au courant, en fait. On attend de voir. C’est tout. »

Celui que ses potes de la cité surnomment David Trézéguet rêverait, pourquoi pas, de devenir un bon boxeur. « Je sais que pour ça, beaucoup de travail m’attend. » Vitesse, technique, endurance. Et suivre, pourquoi pas, les traces de Nasser Abbouche. Un modèle. « Lui, il a réussi à s’en sortir. Il est quelqu’un ici. Pour la boxe, je lui dois tout. »

En fait, Luc aimerait surtout devenir directeur de banque. « Vous êtes journalistes vous? Ouais ça me disait bien à un moment de faire ça. Mais je pense que ça ne gagne pas assez. Bosser dans une banque c’est mieux. Juste pour l‘argent. J‘en ai jamais eu beaucoup. »

VG

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