« J’avais une mauvaise image de Bègles et d’Yves Farge »

Bordelaise pendant près de trente ans, Nadine Cazaux habite désormais aux Terres Neuves. En 1998, elle emménage rue Marc Sangnier dans un petit pavillon. Pas franchement emballée par le quartier au début, elle s’y est finalement attachée.

Infirmière à Talence, Nadine s'est installée aux Terres Neuves avant tout pour se rapprocher de son travail. Photo ALB

Terres Neuves, un choix fonctionnel

« Au départ, je cherchais une maison à retaper et puis, bon , c’était compliqué. Puis, j’ai voulu faire construire dans un petit lotissement. Mon lieu de travail étant proche d’ici, je voulais être à Bègles ou à Talence pour être assez proche de la ville. A l’époque, je ne connaissais quasiment pas Bègles. Si ce n’est que quand je suis arrivée à Bordeaux, il y a 40 ans, c’était une ville où je ne voulais pas vivre. À Bordeaux, Bègles avait l’image d’une ville très populaire. Puis j’ai trouvé ce petit terrain ici. C’était pas trop cher à l’époque, encore moins cher que les autres villes de la CUB. Le tramway allait arriver, le développement autour de la gare s’opérait. Ça me semblait intéressant. Ce qui m’a plu aussi c’est qu’on n’est pas tout à fait dans la ville tout en y étant grâce aux commodités : le tram, le bus, les boulevards. »

Le centre de tri : un cauchemar

« J’habite face à l’entrée principale de l’ex-centre de tri postal. Quand j’ai emménagé, je savais qu’il allait fermer un jour ou l’autre. Mais je n’avais pas mesuré l’impact du bruit des camions au quotidien. Les camions arrivaient en permanence, nuit et jour. Ils s’arrêtaient devant, redémarraient, klaxonnaient. Le seul jour de tranquillité, c’était le dimanche. On s’habitue au bruit mais c’est quand même pénible. Et je vous passe les grèves où ils brûlent les pneus, c’est dégoutant pour l’environnement. Je comprenais qu’ils fassent grève mais pour les riverains ce n’était pas toujours très drôle. La fermeture, il y a un an, j’en suis ravie : il n’y a plus les nuisances sonores. »

Isolée dans son pavillon ?

« Je n’ai pas beaucoup de relations avec mes voisins. Je m’entends bien avec ceux qui habitent à côté de chez moi mais voilà on est tous pris par notre travail. On se voit très peu, on parle peu. Les autres, je ne les connais pas trop. On n’échange pas. Les réunions de quartier, je n’y vais pas car en général je ne suis pas là ou au boulot. Mais je me tiens au courant de ce qui se passe auprès de ma pharmacienne qui habite un peu plus loin dans la rue. »

Habiter près d’une cité

« Quand je suis arrivée, on était quand même très séparé de la cité par un grand mur et des barbelés. Il n’y avait pas d’accès direct sur la rue Marc Sangnier. Je n’avais aucun lien avec les gens d’Yves Farge. J’ai appris plus tard que c’était une cité plutôt mal famée mais cet aspect-là ne me gênait pas. Après, ça s’est ouvert, ils ont fait tomber les tours, la population a considérablement diminué sur Yves Farge et elle a été répartie dans les nouveaux bâtiments. Je n’ai jamais eu de souci avec les habitants d’Yves Farge. Pour moi, on est du même quartier. »

« Réhabiliter, c’est bien »

« Ça méritait d’être retapé, c’était un peu vieillot je pense. Avant, c’était un gros terrain vague. La réhabilitation des bâtiments est une bonne chose, je pense que ça va ouvrir le quartier. Le tram qui traverse le quartier va permettre de créer une vie. Des commerces sont prévus aussi. Et il y a aussi le pôle image. Ça fait bien sur la carte de France et c’est bénéfique pour le quartier, la ville et la région. Par contre, les maisons Bühler je ne trouve pas ça heureux mais il paraît que c’est fonctionnel. Je l’espère pour les gens qui sont dedans, j’espère qu’ils ont de la luminosité. A ce que j’ai entendu, les bâtiments sont construits sous une forme éco-citoyenne. Il faut voir. »

Jérôme GUEDJ et Angélique LE BOUTER