Ghislaine : « La cour est tondue tous les six mois »

On veut la déloger de son rez-de-chaussée pour y construire des commerces. Mais il n’en est pas question pour Ghislaine. Elle y a une vraie cuisine, meublée et spacieuse, alors que la proposition faite par son assistante sociale était un duplex avec une « cuisine-couloir où on ne peut même pas mettre un micro-ondes ». Ses meubles n’y rentreraient pas. Son assistante sociale lui a conseillé de s’en débarrasser. Elle a passé 42 ans, dans le bâtiment A6, dans la cité Yves Farge. Cette cité, elle l’a aimée. Mais c’est fini. « Il n’y a plus de cordialité, ni d’humanité. » A 77 ans, elle vit avec trois de ses enfants et Eclair, son jeune Yorkshire. Ghislaine ne comprend pas pourquoi elle paye autant de charges, qui équivalent à plus de la moitié de son loyer. C’est son fils qui a dû remplacer les ampoules des parties communes, grillées depuis plusieurs jours. La pelouse de la cour en U a été tondue « pour la première fois en six mois parce que Mamère venait ». De sa voix un peu éraillée, elle explique qu’elle ne compte pas se laisser faire par les Saemcib, Lassansa, Mamère et autres « voyous ». Elle comprend que les jeunes boivent et s’amusent mais ça l’insupporte qu’ils fassent du boucan à la sortie du BT59.

Clément BEUSELINCK-DOUSSIN