Ils apprennent par un ouvrier qu’ils doivent déménager

Devant les fenêtre de la famille Azouni, au premier étage, la Saemcib pousse. Photo OD

Les sept membres de la famille Azouni habitent depuis plus de vingt ans à l’angle du premier étage du bâtiment B, dans un appartement de cinq pièces en location. Début juillet, Mme Azouni apprend de la bouche d’un ouvrier que la Saemcib prévoit d’utiliser trois chambres de leur logement pour y implanter des bureaux. En état de choc, elle téléphone à l’entreprise : effectivement, l’opération est planifiée depuis plusieurs mois.

Mme Azouni affirme n’avoir jamais reçu aucun courrier. Pourtant au mois de septembre, devant leurs fenêtres, les ouvriers s’affairent. Les travaux ont commencé sans l’accord de la famille, sans même qu’elle ait été informée. Son époux contacte un avocat et pense amener l’affaire devant un tribunal, rassuré dans son droit par plusieurs juristes.

Dans l’embarras, André Lassansaa, directeur de la Saemicb, et Noël Mamère, maire de Bègles, se rendent au logement des Azouni pour trouver un terrain d’entente. Oralement. Nous leur avons demandé à l’occasion d’un entretien, de commenter l’affaire :

Premier interlocuteur : Mlle Azouni, 23 ans (rencontrée à son logement)
Second interlocuteur : André
Lassansaa, directeur de la Saemcib

Troisième interlocuteur : Noël Mamère, maire de Bègles et président de la Saemcib

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Mme Azouni pensait depuis quelques mois quitter cette location pour devenir propriétaire, avec toute sa famille. Ainsi elle espère, en concertation avec le maire, trouver rapidement un logement accessible à la propriété. Et que l’affaire se règle.

En attendant, les travaux  qui ont commencé sur sa terrasse lui rappellent dans le bruit qu’elle n’a plus le choix. Des conditions de départ difficile, après vingt ans passés dans le foyer qui a vu grandir ses enfants, qu’elle cède aujourd’hui à la Saemcib pour sa vitrine de promotion.

Olivia DEHEZ